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Covid-19: l'IPC/BF renforce les capacités d'acteurs communautaires

Entre le 15 et le 18 septembre 2020, l’Initiative privée et Communautaire pour la santé et la riposte au VIH/Sida au Burkina Faso (IPC/BF) a renforcé les capacités d’acteurs communautaires sur la Covid-19 et les techniques de communication. Cette série de formations entrait dans le cadre de la mise en œuvre du projet KORADUB, un projet sous régional d’amélioration de l’accès des populations à des services VIH et santé sexuelle et reproductive intégrés et de qualité.

Au nombre de quarante, les participants sont issus des organisations de populations clés basées à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Banfora, Gaoua et Koudougou, au Burkina Faso. Ils ont été scindés en quatre groupes de dix participants chacun. La formation s’est tenue en une journée pour chaque groupe, soit le 15 septembre 2020 pour le premier groupe, le 16 septembre 2020 pour le deuxième, le 17 septembre 2020 pour le troisième groupe et le 18 septembre 2020 pour le dernier groupe. A l’exception du dernier groupe qui a été formé à Koudougou, les 3 premiers groupes l’ont été dans la salle de réunion de l’IPC/BF, à Ouagadougou.

Des contenus de la formation :

Les modules sur la Covid-19, portant respectivement sur les généralités sur la pandémie et la technique de lavage des mains ont été dispensés par Dr Sonia ROUAMBA/ILBOUDO, Pharmacienne, pour le Jour 1, M. Daouda KOUSSOUBE, Planificateur au CORUS le jour 3 et Dr Jean-Charlemagne KONDOMBO, Incident Manager du CORUS les jours 2 et 4.

Dans leurs développements, les formateurs ont défini la Covid-19 (Coronavirus disease 2019) comme étant une zoonose virale, c’est-à-dire une maladie qui transmet d’un animal à un homme, provoquée par le coronavirus SARS-CoV-2 (2019-nCoV). Historiquement, ils ont dit que la maladie a vu le jour en décembre 2019, à Wuhan, en Chine. A partir de février 2020, la maladie s’était rependu dans 30 pays du monde et en mars de la même, elle a été déclarée pandémie par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Au Burkina Faso, la maladie avait fait 1748 cas à la date du 16 septembre 2020 soit 1 162 guérisons, 56 décès et 530 cas actifs.

Photo de familleLa transmission, quant à elle, se fait d’homme à homme principalement par les gouttelettes de sécrétions oropharyngées dispersées par la toux, éternuements ou la parole d’une personne infectée, le contact rapproché prolongé (même pièce à moins de deux mètres), par des mains ou un support inerte souillé par des sécrétions des voies aériennes supérieures.

Cliniquement, les formateurs ont expliqué que la période d’incubation de la maladie varie d’un à 14 jours et que les évolutions possibles sont les suivantes :

  • une maladie légère ou asymptomatique ;
  • une pneumonie ;
  • une pneumonie sévère ;
  • un syndrome de détresse respiratoire aiguë ;
  • une septicémie ;
  • un choc septique ;
  • la guérison ;
  • la mort.

Les personnes souffrant de problèmes médicaux sous-jacents et celles de plus de 60 ans ayant un risque plus élevé de développer une maladie grave et de mourir tandis que chez les enfants, l’évolution semble plutôt légère.

 

Pour le traitement, les spécialistes de la santé ont rappelé qu’aucun traitement ou vaccin n’est disponible. Néanmoins l’une des formes de prises en charge suivantes est administrée suivant les cas :

-        le traitement symptomatique ;

-        l’oxygénothérapie ;

-        la prise en charge des comorbidités ;

-        l’antibiothérapie orientée par l’examen clinique/microbiologique ;

-        le traitement à visée étiologique probable (hydroxychloroquine) ;

-        la prise en psycho sociale ;

-        la prise en charge nutritionnelle.

C’est partant de cette réalité que les formateurs ont invité les participants aux formations à mettre l’accent sur la prévention qui se fait à travers l’hygiène des mains, l’hygiène respiratoire et la distanciation physique.

Les étapes de lavage des mains

L’hygiène des mains, notamment le lavage des mains, a fait l’objet d’exercices pratiques. Après les démonstrations des formateurs, l’occasion a été donnée à chaque participant de s’exercer sur le lavage des mains avec du gel hydro alcoolique suivant les étapes ci-dessous.

Le module sur les techniques de communication a été dispensé par le Chargé de Communication et du Plaidoyer de l’IPC/BF, M. Jaunasse YARO. A l’entame, le facilitateur a défini la communication comme étant un processus d’échange dynamique d’idées, d’opinions, de sentiments, de préoccupations, etc., de façon verbale ou non, à travers lequel deux ou plusieurs interlocuteurs peuvent se comprendre ou s’influencer mutuellement.

Il a ensuite expliqué le processus de communication qui comporte trois éléments clés :

-        l'émetteur qui a une idée qu'il souhaite communiquer. Avant de communiquer quoi que ce soit, il doit y avoir quelque chose à communiquer. C'est l'étape de l'idée. Il va choisir les mots, les gestes, la mimique en fonction du contexte pour exprimer son idée. C’est le codage. Le résultat du codage est un message clairement construit. L'émetteur peut donc transmettre son message à travers un canal (face à face, radio/télé, affiches, téléphones, etc.) ;

-        le récepteur qui reçoit un signal et s’ensuit le décryptage. En fonction du contexte de sa culture de son niveau de langue il va donner un sens au message reçu. C’est le décodage.  Les éléments de contexte tels que : la culture, l’environnement peuvent influencer la compréhension du message et de ce fait constitue le bruit ;

-        le Feedback qui est la dernière phase de communication entre le récepteur et l'émetteur. Sans rétroaction, il est difficile pour l'émetteur de déterminer si oui ou non il se rapproche de la compréhension mutuelle. Le feedback est un processus en deux étapes. Il est utile pour tous les membres de l'équipe de se familiariser avec les mécanismes de rétroaction d'une communication efficace.

La description du processus de communication a fait place à l’explication du schéma de la communication qui se veut une illustration dudit processus.

Après la notion communication, le formateur a expliqué le changement de comportement comme étant un processus de modification des manières de faire d’un individu ou d’un groupe d’individus qui passe par un long cheminement et s’effectue plus ou moins rapidement ou plus ou moins aisément selon les individus, leurs croyances, leur perception, leur environnement, leur représentation, leur logique, etc.

Les étapes du changement de comportement, selon lui, sont les suivants :

 Les étapes du changement de comportement

Les canaux et supports de communication, le processus d’élaboration des messages clés et les techniques d’animation sur les autres éléments rappelés dans le module sur les généralités de la communication.

Dans le deuxième module, le formateur a abordé la communication sur les risques, avec un accent particulier sur la Covid-19. Pour ce faire, il a partagé avec les apprenants la définition de l’OMS de cette forme de communication, qui se veut « un échange d’informations, de conseils et d’opinions en temps réel entre les experts ou les dirigeants et la communauté faisant face à une menace (danger) à sa survie, sa santé ou son bien-être économique ou social ».

 

Après les stratégies de communication sur les risques, le communicateur a terminé par la planification de la communication sur les risques.

Les échanges sur ce deuxième module de la communication ont porté, entre autres, sur le porteur du message en période de crise, le choix des canaux de communication, les rôles des acteurs communautaires, etc. Répondant à ces questions et commentaires, le formateur a dit que le choix du porteur du message est très déterminant dans la communication en général. En période de crise, bien que le rôle des spécialistes de la communication est important pour mieux formuler le message et identifier les canaux les plus performants, le porteur du message demeure le spécialiste ou le dirigeant qui, par sa connaissance de la crise ou de la situation, est le plus crédible et le plus rassurant, a expliqué le formateur. Quant au choix des canaux, il a estimé que, partant des étapes du changement des comportements, les médias de masse bien qu’intournables pour l’information et la mobilisation de l’ensemble de la population, ne devraient pas occuper toute la place en raison de leurs limites, quand il s’agit de faire adopter de nouveaux comportements.

 

Feed-back de quelques participants et d’un des formateurs 

Alice DRABO, Infirmière d’Etat au Centre médical de Koudougou : « La formation sur la Covid-19 est la bienvenue en ce sens qu’elle nous a permis de renforcer nos connaissances sur les généralités de la maladie, ainsi que sur les techniques de la communication. Ces connaissances, surtout les techniques de communication, vous nous permettre, mes collègues et moi, de mieux prendre en charge nos patients. Mes collègues et moi, car de retour, je compte organiser une restitution au profit de mes collègues qui n’ont pas pu prendre part à la formation. »

Zakaria MOKO, Agent au Centre d’Ecoute et de Dialogue pour jeunes de Koudougou : « La formation a permis de lever certaines zones d’ombres que nous avions sur la maladie. Nous retenons également les techniques à privilégier pour avoir une bonne communication. Au Centre, nous recevons de nombreux jeunes chaque jour. Et on donc les connaissances reçues, surtout sur la Covid-19, nous allons les relayer auprès de nos visiteurs qui viennent chaque jour. »

Jules BATIEBO, Conseiller en Counseling à l’Association ACTI Plus : « Ce que nous avions comme informations sur la Covid-19 n’était pas trop étayé pour nous permettre d’être à l’aise sur le terrain. Si bien qu’il est arrivé des fois où de petites questions nous ont posé des difficultés. Pour ce qui concerne la communication, nous avons beaucoup appris car il y a toujours des innovations qu’il faut pouvoir adopter et appliquer au niveau communautaire. Ce que j’ai vraiment appris de nouveau c’est la technique de lavage des mains. Je me lavais les mains mais pas en suivant et en respectant toutes les étapes que je viens d’apprendre. Avec les modules que nous allons prendre, nous allons organiser des restitutions à tous les collègues pour une plus grande dissémination des connaissances. »

Jean-Charlemagne KONDOMBO, Médecin de santé publique, Incident manager au CORUS : « Nous avons échangé avec différents groupes au cours de la semaine essentiellement sur la Covid-19, notamment les généralités, à savoir, l’historique de la maladie, sa définition, la riposte telle qu’elle est organisée au Burkina Faso, les traitements qui sont proposés, les différentes mesures de barrières qui sont les mesures de prévention et nous avons également abordé les techniques de communication. Lorsque vous voyez un prétest où les acteurs n’avaient pas la moyenne et ils reviennent avec plus de la moyenne avec le posttest vous convenez avec moi que cette formation était plus que nécessaire. C’est l’occasion pour moi de dire que ces formations doivent être pérennisées et répliquées dans toutes les régions du Burkina Faso. Je voudrais également remercier l’IPC/BF et ses partenaires pour l’occasion qui nous a été donnée de partager les informations sur cette nouvelle maladie. Je voudrais enfin souhaiter que les acteurs qui ont bénéficié de la formation puissent dans un premier les restituer à leurs collègues et ensuite appliquent l’ensemble des mesures barrières enseignées pour, en aucun cas, n’être des vecteurs de transmission de la Covid-19.

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